L'heure des constats cruels et un oeil vers le monde extérieur
Éditorial #97
Par Denis McCready
L'heure des constats cruels est arrivé. Il y a un grand nombre de groupes citoyens, groupes d'intérêt, groupes de pression, groupes politiques qui vivotent depuis des années sans rien accomplir de tangible. Il est maintenant venu le temps de regarder la réalité en face.
Je parle de ces groupes qui tentent désespérément d'attirer l'attention des médias sans succès, qui tentent de passer leur message sans arriver à se positionner dans la société, qui tentent de rejoindre la population en vain, qui essaient de faire grossir leurs rangs sans jamais dépasser le noyaux de déjà convertis.
Pourquoi continuez-vous à perdre votre temps sans succès, sans impact et sans rayonnement lorsqu'il y a un mouvement citoyen qui a réussit ce que peu de mouvements ont réussi avant : attirer l'attention des médias et la sympathie des citoyens dans un court laps de temps?
Depuis le début du mouvement citoyen Occupons Montréal (OMTL), j'ai été exposé à une multitude de petits groupes qui vivent en vases clos, dans leur tour d'ivoire intellectuelle, obnubilés par leur répétition de slogans creux, obsédés par une idée politique parfois à la limite du totalitarisme latent. Et la question qui me hante depuis un mois est simple : pourquoi perdent-ils leur temps au lieu de rallier Occupons Montréal?
À mon sens, nous sommes rendu là. Il faut joindre le mouvement, le soutenir activement, au pire simplement manifester son appui publiquement, comme l'on fait un groupe ancré dans son quartier comme la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles. J'irais plus loin. Je crois que les groupes qui font du surplace depuis plusieurs années devraient faire un examen de conscience et considérer de se saborder pour joindre OMTL. Leur voix sera entendue, leur énergie décuplée et ils entreront dans l'histoire. Vaste programme, disait De Gaulle!
---
L'arrivée officielle du parti de François Legault marque le temps et j'invite les citoyens du Québec, mais surtout les Occupants des différentes villes du Québec à regarder au dehors de leur campement et prendre la température du moment : il faut maintenant aborder les enjeux propres au Québec et confronter tous les politiciens afin qu'ils et elles prennent des positions claires. La prochaine élection sera absolument cruciale pour les 25 à 50 prochaines années. Ne laissons pas les députés actuels ni les aspirant députés se défiler derrière leurs expression creuses, leurs slognans bidons, leurs petites défaites. Ils veulent nous représenter, ils doivent donc arrêter de parler un temps et nous écouter.
Ne nous leurrons pas, le Québec souffre actuellement de ce qu'il contrôle pourtant totalement :
- Hydro-Québec et ses investissements insensés comme le projet Romaine,
- Le régime minier et ses redevances ridicules,
- La collusion et la corruption dans la construction,
- Les coûts des soins de santé qui sont hors de contrôle,
- La Caisse de dépôts et placements du Québec qui continue dans ses placements à haut risque en totale contravention de son mandat,
- La pollution corporatiste de notre système politique,
- La concentration de presse qui nuit à la diversité de l'information, et donc à la liberté,
- L'industrialisation de l'agriculture au détriment des agriculteurs, de la santé des Québécois(es) et de l'environnement,
- L'exploration du gaz de shiste et du pétrole – un cession de nos droits collectifs qui s'apparente à un vol doublé d'un permis de polluer,
- Le déficit démocratique criant causé entre autre par l'aplaventrisme de l'état devant les corporations.
Le résultat : l'absence totale de vision du gouvernement actuel et son comportement aux limites de la trahison, le vide abyssal des partis d'opposition, certains sclérosés dans l'option « souverainiste », d'autres se gargarisant d'un pragmatisme qui n'est pas sans rappeler la médecine du XVIIIe siècle : brutale, sans fondement empirique et pire pour le patient que la non-intervention.
Le Québec souffre d'un déficit budgétaire, certes, mais il souffre aussi d'un déficit de projet de société.
De grâce, parlez-en autour de vous, confrontez les aspirants députés et les grandes gueules d'opinions, exprimez-vous sur toutes les tribunes et n'acceptez pas qu'on tente de vous empêcher de poser des questions dérangeantes, et surtout n'acceptez jamais de vous taire. Le temps du silence complice et du consensus mou est révolu. Il faut maintenant parler haut et fort. Il faut se tenir debout. Il faut reprendre le contrôle de notre coin de pays.


